Le billet de Clairis 2014

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OLD FASHION JAZZ BAND - 21/01/14

Quoi de plus festif que d'accueillir à la "Cave du Jazz", ce 21 janvier, pour l'ouverture de la nouvelle saison 2014 à la Salle Sainte-Anne de Lorrez le Bocage, un groupe tel que le Old Fashion Jazz Band. Une valeur sûre, bien sûr, car le sextet avait déjà ravi le public à plusieurs reprises, en 2006, 2008 et 2011, et s'avérait judicieux pour, le temps d'une soirée, faire oublier la morosité générale qui ouvrait l'année.
Et le vice-président de Jazzy 77, Serge Billon, de présenter l'équipe des organisateurs, sans qui La Cave ne vivrait pas, et d'annoncer la formation invitée : avec son leader, Pierre Le Maistre, à la trompette ; puis Henri et Yves Gioanni, respectivement à la clarinette sax-soprano et au trombone ; Philippe Forestier à la contrebasse ; Philippe Ormancey à la guitare, au banjo et au vocal ; et Pierre Patrigeon à la batterie. Des musiciens qui se connaissent bien et qui prennent plaisir à jouer ensemble, mais pas seulement, car ils vibrent d'un échange permanent avec le public. Un public qui est d'ailleurs souvent sollicité pour accompagner, de la main ou de la voix, le jeu des instruments ou les paroles de Philippe Ormancey, musicien atypique qui mélange à loisir les cordes instrumentales et vocales, avec pour ces dernières des scats endiablés, souvent époustouflants qui sculptent véritablement l'expression de son visage… Au final du grand art ! Avec au répertoire, quand ne s'y ajoute pas quelque belle composition du groupe, des titres de standards qui ne peuvent que séduire, en hommage à des grands comme Gerswing, Bechet et Armstrong. Il faut dire, pour ces deux derniers, que ce qui restera dans les esprits, c'est, pour l'un le timbre et le jeu inimitable (enfin presque) de la clarinette, et pour l'autre la voix rocailleuse à souhait. Eh bien, lors de "Blacksticks", de "Blues in the air" ou de "Petite fleur”, on pouvait presque oublier la présence de Henri Gioanni tant celle de Sidney s'imposait. Et lors de "Some of these Days" ou "Someday you'll be sorry", celle de Philippe au profit du roi Luis. Quant au reste de l'équipe, le jeu musical est riche d'une symbiose dans laquelle s'insèrent de beaux soli indicateurs du talent de chacun, et où Pierre, en particulier, excelle aux subtilités d'une trompette modulée par les sourdines…

Après un rappel au nom de "Sweet Giorgia Brown", minuit passé, on ne regrettera pas l'heure tardive, se remémorant l'avant dernier titre du premier set : "C'est si bon”.

 


LE HOT CLUB DE SAMOIS - 22/02/14

Soirée typiquement Seine & Marnaise, ce 22 février 2014, car la "Cave du Jazz" accueillait un quintet, le Hot Club de Samois, formation de 10 ans d'âge, née dans la lumière du grand festival annuel Django Reinhardt, et qui fera dire en fin de concert au présentateur vice-président de Jazzy 77, Serge Billon, que Lorrez-le-Bocage fut pour un soir, avec un tel groupe, la capitale du jazz manouche.
Un concert qui débuta sur le fil d'une incertitude et par quelques surprises : celles d'un quintet prévu, transformé en formation sextet, mais qui faillit rester quintet et cela hors des canons manouches… Car elle accueillait un clarinettiste supplémentaire, Jean-Pierre Vincent, quittant sa péniche à Samois pour étoffer l'équipe prévue, formée du leader Thierry Bonnefille (guitare rythmique), et de la finlandaise Aino Eerola (violon jazz), Michel Duverger (clarinette, saxophone et banjo), Jean-Pierre Siacot (contrebasse). Mais le guitariste Didier Carmier, venait de déclarer forfait, victime d'une indisposition digestive, et donc momentanément dans l'impossibilité de jouer. C'est un des piliers du groupe, et comment faire un concert manouche sans guitare solo ! Il a donc fallu, en urgence, lui trouver un remplaçant. Ce fut Quentin Gouraud, partenaire de Aino dans un trio parisien, PARHELIE, qui propose de standards du jazz américain et manouche. Il était attendu avec une impatience fébrile, venant de Paris, la présidente de Jazzy 77, Thérèse Petitprez, allant accueillir à son arrivée en gare de Nemours-Saint-Pierre, à une quinzaine de kilomètres de là,  alors que le concert était près de commencer. Ce musicien avait le profil de l'attente, mais non la connaissance des musiciens du Hot Club ni des titres à interpréter. Fi des interrogations et de l'inquiétude ! La guitare solo en place, le concert pouvait commencer. Et là, ce fut magique, illustrant la faculté d'adaptation des jazzmen de talent à toute situation ! Bravo Quentin ! Il commença par un petit temps de rythmique aux côtés de Thierry, puis s'intégra véritablement au chant du groupe, composé il est vrai de musiciens d'expérience qui fréquentent depuis longtemps les grands du Jazz, cela sans oublier la jeune Aino, toute de blondeur nordique et de virtuosité latine, diplômée en musique classique de la Sibelius Academy d'Helsinki, et aujourd'hui, comme l'écrivit Maïté dans le programme de l'association, étoile montante du violon jazz.
Un ensemble finalement en symbiose, qui enchanta le public particulièrement nombreux ce soir, avec des standards, où virevoltèrent soufflants et cordes, dans un jeu coloré, plein de finesse, mélodique, et nourri des nombreux applaudissements qui accompagnèrent les soli des uns et des autres. Il faut ajouter que Ainho et Quentin, avec leur sensibilité et leur maîtrise instrumentale, participèrent grandement au plaisir de l'écoute, dans une ambiance de liberté que n'auraient pas renié les vrai manouches. Ces deux-là ont fréquenté le CMDL, le centre des Musiques Didier Lockwood ; ils sont brillants et donnèrent toute sa saveur au programme concocté par le Hot Club, avec des titres comme "Avalon", "Sweet Sue", "Nuages", "The Sheik of Arabia", "Les feuilles mortes", "Sweet Giorgia Brown", "Roses de Picardie”, et d'autres morceaux tout aussi agréables, dans un répertoire qui n'aurait pu que séduire Django.
Une soirée réussie, où musiciens et public partagèrent la même satisfaction de réciprocité, avec au final, après un bis au titre de "Bei mir bist do shoen", l'offre supplémentaire des "Yeux noirs" et la réponse d'une standing ovation. Minuit était passé depuis longtemps !

 


Musiques à ouïr MUSIQUES À OUÏR - 22/03/14

Une "parenthèse inattendue", - pour paraphraser le titre des rencontres voisines de Frédéric Lopez -, attendait le public de la Cave du Jazz, ce 22 mars 2014. Nous n'étions pas près de Château-Landon, mais bien à Lorrez-le-Bocage. Avec des personnalités comme Denis Charolles, musicien inspiré et exigeant, qui maîtrise aussi bien la batterie que des embouchures à bouche type trombone, et s'épanouit dans une "percuterie" capable de créer des atmosphères musicales surprenantes propices à l'esprit qu'il insuffle au concert ; Julien Eil, manipulateur de soufflants tels que flûte traversière, saxophone baryton et clarinette basse ; Christophe Girard, accordéoniste aux accords subtils, et Thibault Cellier, contrebassiste aux cordes vibrantes… Au programme, l'évocation de grands du Jazz, comme Duke Ellington, qui fit sienne toute la palette sonore jazzy, et Thelonius Monk, aux audaces mélodiques n'écartant pas la dissonance… Cela non pour évoquer leur répertoire, mais pour se nourrir de leur influence et de l'essence de leur musique, et, au travers d'eux, exprimer une autre approche sensible, personnelle au groupe. Une véritable "parenthèse" musicale dans les propositions de Jazzy 77. Le titre du quartet peut surprendre, mais il est vrai qu'il y a aussi des musiques qui sont composées plus pour danser que pour "ouïr", mais j'ai envie de dire que ce concert-là propose des musiques à "voir". Non pas tellement les musiciens dans leur présence scénique, mais dans l'évocation de l'atmosphère très picturale qu'ils créent. Et d'imaginer, plutôt que des instrumentistes, des peintres qui, avec leurs pinceaux, leurs brosses et leurs couteaux, vont créer des fresques, tableaux non pas figuratifs, mais où l'abstraction domine. Comme dans la figuration plastique contemporaine, où le spectateur a la liberté de sa découverte et de son interprétation, le choix de sa propre vision. Ce qui fit dire à Denis, s'adressant au public : "le prochain morceau, c'est à vous de reconnaître de quoi il s'agit, ou de qui il est". Car on est dans un autre monde qui est va au-delà de l'évocation du Duke ou de Monk, qui est, au travers de ces figures du Jazz, la révélation sans pudeur du moi intime du groupe et de ses états d'âme. Mais chaque tableau, contrairement à la peinture et par la magie des fréquences sonores, ne trouve jamais sa forme aboutie, les couleurs, ombres et lumières vont et viennent ; c'est visuel et forcément fugace, comme des apparitions qui vont interférer, créer des temps de fulgurance et d'apaisement, d'éclatement et de fusion, d'exubérance et de suavité. Difficile de reconnaître où l'on est, au risque de s'y perdre, s'il n'y avait de temps à autre des indices, sous forme de bribes mélodiques, qui font prendre conscience que l'on n'est pas perdu dans le grand paysage suggéré, même quand l'imaginaire, parfois, est tenté de transformer les images en des "medley" pleins d'odeurs et de parfums… Car il y a là une richesse évocative qui laisse place à toutes les interprétations possibles. Mais ne nous égarons pas, la musique reste bien présente. Et au talent de ces musiciens s'ajoutent une sensibilité et une sensualité à fleur de peau, qui fait que, même si on est un accro de musique traditionnelle jazzy, disons du New Orleans au Swing, on ne peut qu'apprécier leur interprétation innovante et même dérangeante, mais aussi capable de sortir la quintescence d'une volupté de jouer ensemble. C'est cela le fondement de ce groupe hors norme. Et le plaisir est aussi, bien sûr, dans le partage avec le public.

 


V.J.O. Quartet V.J.O. QUARTET - 26/04/14

Ciel nuageux, ce 26 avril 2014, au dessus de la salle Sainte-Anne de Lorrez-le-Bocage et alentours. Sur le parking, en attente de l'ouverture de la Cave du Jazz, la pluie tombe ; sous les frondaisons, les gouttes ont des allures jazzy, mais sans la chaleur du Jazz, martelant avec régularité la carrosserie, avec un tempo de batterie. Une grande envie d'aller ailleurs s'installe, qui se concrétisera par la présence du groupe de la soirée, qui a dans son titre, caché sous les initiales de V.J.O. Quartet : "Voix Jazz Organisés", à l'image d'un organisme de tourisme. La promesse donc de s'évader de cette atmosphère un peu délétère, orageuse même. Mais dès l'entrée, la salle et ses fauteuils rouges, la scène rougeoyante par son fond de tissus et ses lumières, réchauffent les cœurs, tandis que le public prend place. Beaucoup de rouge pour une soirée bleue, avec un programme qui s'annonce superbe, illustré par beaucoup de standards, pas moins d'une vingtaine de prévus : des musiques que l'on aime, que l'on croit connaître et que l'on redécouvre chaque fois sous une interprétation renouvelée.
Les musiciens sont là, il n'y a plus qu'à se laisser porter par les mélodies chantantes et qui épousent des rythmes qui font voyager. Ma première impression, et qui va perdurer tout au long du concert, est presque indicible. Elle serait un peu à l'image du ressenti qui vous prend lorsque l'on est en présence d'un tableau, alors que l'on éprouve un coup de cœur, et l'on ne sait pourquoi. Est-il besoin d'ailleurs de chercher à analyser ce ressenti ? Pour préciser la pensée immédiate, cette musique reflète une harmonie de jeu et une pureté musicale certaines, où chaque instrument respecte l'évocation de l'autre. Et il y a de l'espace sonore tout autour qui laisse place à la respiration. Parfois, le Jazz de certaines formations a une ampleur qui submerge et étouffe. Ici, il y a place à la sérénité. Il est vrai que le guide et leader, Jean-Louis Witas, est un maître de la guitare. On ne se lasse pas d'entendre ses variations et la qualité des notes qui écrivent chaque mélodie ; c'est plein de vigueur ou de légèreté, de fluidité, et toujours sensible et inspiré. Son comparse de scène immédiat est Philippe Fouchard, subtil percussionniste, tout en nuance et en finesse, qui vibre d'une grande connivence avec Jean-Louis. Et, bien sûr, il y a l'harmonica chromatique de Stéphane Agar, qui apporte un timbre et des vocalises qui enrichissent superbement le dialogue avec la guitare, celle-ci adoptant alors un accompagnement qui donne toute ses personnalité et liberté au soufflant. C'est d'ailleurs un instrument peu usité dans le Jazz ou la musique classique, et qui pourtant trouve son origine – sur le principe des lamelles vibrantes - environ 3000 ans avant notre ère : en Chine, sous le nom de "Sheng" – avant de tomber dans l'oubli, et de renaître au début du XIXe siècle. On comprend mal que cet instrument soit si peu usité dans le jazz. Et le couple guitare-harmonica fonctionne chromatiquement bien, comme on le constate ici, où le souffle de Philippe enrichit la description du voyage, y ajoutant de belles variations et des couleurs propres. Et puis, n'oublions pas le contrebassiste Bruno Ossola, qui a quitté Opus 4 pour découvrir de nouveaux horizons musicaux, et qui est aussi un expert de son instrument et apporte sa touche rythmique veloutée à ce beau voyage. Il y a beaucoup de temps forts dans cette soirée (en oubliant un coup de tonnerre et un vif et bref crépitement de pluie sur la toiture !), avec notamment une belle interprétation de Caravan, du Duke, où le quartet, - Jean-Louis ayant délaissé sa guitare pour animer un tambour type conga -, a réussi a rendre visuel un moment de méharée rythmé au creux des dunes par les résonances du cheminement des dromadaires et des "tobeuls" des sables. Et puis il y a ce succès de Django, Nuages, où l'harmonica chante le vent qui pousse les nuées et la guitare leur dispersement, en prélude à plusieurs titres au libellé évocateur : Fly me to the Moon, Blue Moon, How high the Moon
Au terme de trois rappels, la soirée dépassa allégrement minuit, et le public ravi trouva au dehors avec surprise un ciel dégagé, scintillant d'étoiles et nimbé de lumière lunaire !...

 


René Sopa RENÉ SOPA quartet - 24/05/14

Cette soirée du 24 mai 2014 était fort attendue, avec un invité exceptionnel formé dès l'âge de neuf ans avec le grand accordéoniste Lucien Galliano, et que Jazzy 77 découvrit en 2001 dans un répertoire non pas classique ou musette, mais jazz, manouche ou traditionnel. C'est René Sopa. Par sept fois, il enchanta le public Sud Seine & Marnais, lors de rencontres mémorables mais aussi particulières où des liens musicaux se nouèrent entre lui et le violoniste Alexandre Cavalière ou encore l'organiste Stefan Patry (orgue Hammond). Ce furent chaque fois de grands moments, et l'impatience était grande, à la Cave du Jazz de Lorrez-le-Bocage, de retrouver ce sympathique et brillant musicien, cette fois dans un jazz plutôt latino, en formation quartet, avec à ses côtés, Gilles Renne, à la guitare ; Nicolas Pautras, à la basse, et Gilbert Bras, à la batterie. En vérité, c'est un quintet qui était programmé, mais le percussioniste du groupe s'était en fait cassé le poignet la veille, d'où cette absence imprévue. Mais que craindre avec un tel groupe ! Dès les premières mesures, nonobstant une pensée de compassion pour le blessé, il apparut évident que la présence des autres, de par l'amplitude mélodique de leur jeu, masqueraient facilement le manque. Et ce fut une peinture musicale souvent très dense et colorée, mais ménageant des temps de respiration, que Nicolas et Gilbert rythmèrent avec efficacité, accompagnant les "chants" de l'accordéon et de la guitare. En fin de programme, Gilles le guitariste avouera que c'était la première fois qu'il se produisait sur scène avec René l'accordéoniste. Non seulement, cela ne se perçut pas, mais ils eurent l'un et l'autre un jeu des plus brillants dans les échanges, s'ajoutant à la virtuosité de chacun dans des soli inspirés, ponctués d'effets sonores, à laisser pantois chaque spectateur.
Au programme, plusieurs compositions personnelles, qui illustrent une autre facette de son talent, comme Lames aux larmes ou Congueros, sans oublier With Carlos, hommage à celui dont l'esprit latino plane sur le concert : Carlos Santana. Des classiques aussi, comme La Javanaise de Gainsbourg ou Orfeu Negro (Manhã de Carnaval) de Luiz Bonfá, mais revisités avec bonheur par René Sopa, qui fait que ces standards apparaissent presque comme des créations originales nouvelles, mais que la mémoire fait instinctivement aimer.
Puisse ce huitième opus de Sopa à la Cave du Jazz, participer à lui donner une notoriété telle qu'il puisse honorer l'offre "gracieuse" d'un prochain passage à Lorrez, qu'il se laissa à promettre, lors du dernier rappel .
Merci René de cette perspective évidente, et donc à très bientôt !


F^te de la musique 2014 Fête de la musique 2014 Fête de la Musique - LE RED UNCLE QUINTET / LES VINYLES - 21/06/14

Ce fut une belle fin de journée ensoleillée qui marqua l'arrivée à la Salle Sainte-Anne de "L'Espérance du Bocage”, l'harmonie de Lorrez-le-Bocage, précédant une partie du village venue participer à la Fête de la Musique, accompagnée de représentants allemands de la ville jumelée de Himmelpforten, en Basse Saxe.
Il y avait beaucoup d'effervescence dans le public, à l'écoute des soufflants et tambours de cet orchestre sympathique animé par un chef plein de charisme et des musiciens, jeunes ou seniors, dont l'une portait, en supplément de son instrument, quelques 90 ans !
Pour cette soirée, la Cave du Jazz avait ouvert ses portes pour accueillir gracieusement le public, selon un partenariat avec la Municipalité de Lorrez. Inutile de dire que l'ambiance était différente de celle ressentie lors des concerts mensuels de l'association Jazzy 77, et beaucoup découvraient la salle transformée en lieu de spectacle, et l'équipe qui, depuis des années, animait la région au travers du jazz.
Au programme, deux groupes pour enfièvrer en peu plus l'atmosphère.
En vedette "américaine”, Le Red Uncle Quintet, un ensemble qui est une histoire de famille, - ce qui n'est pas commun - , avec Bettina Fourey et sa mère, Catherine Huré, aux chants, Christian Huré à la guitare, Jean-Pierre Huré à la batterie et Serge Fourey aux percussions. De jolies voix, soutenues par une rythmique plutôt latino que rock ou swing, mais qui transmirent beaucoup de plaisir dans le public.
Après le break traditionnel, ce fut le tour des Vinyles, nés d'une histoire de copains qui, un jour, voulurent faire la surprise de fêter en musique un anniversaire, les cinquante ans d'un ami… Une réussite pour ces musiciens alors amateurs et une expérience qui les engagèrent à continuer de se produire sur scène et à partager avec le public les musiques qu'ils aimaient. Avec eux, ce fut l'évocation chaleureuse d'un passé qui avait beaucoup marqué la jeunesse des années 60 à celle 70, et peut-être 80… beaucoup des jeunes connaissent peu, ou pas, mais pour certains d'entre nous, un véritable bain de jouvence. D'autant que les "vinyles", auquel le titre s'accroche, retrouvent aujourd'hui un regain d'intérêt du point de vue de la qualité, analogique contre numérique. Mais laissons la technique pour retrouver sur la scène Jean-Louis Guillaume, à la guitare solo, Jean-Pierre Siaco à la guitare basse, Éric Bénard à la guitare rythmique et Dominique Guillard à la batterie. Dès les premières notes, l'ambiance est donnée, festive à souhait, évoquant des standards qui restent vivaces dans les mémoires, colorés par les guitares et portés par les voix chaudes d'Éric et de Dominique. Ce dernier est aussi celui qui donne le rythme des évocations, mais surtout indique des repères pour des morceaux phares qui enchantèrent notre jeunesse, avec ses groupes et ses personnalités que personne n'a oublié, avec tous ces "tubes", dont le souvenir et l'évocation sont source pour certains d'une irrésistible envie de danser… Et dans la pénombre d'une salle véritablement enflammée, ce fut un plaisir supplémentaire de voire des corps épouser les rythmes, des couples se former pour ajouter par leurs mouvements de la sensualité à la musique, qui va explorer le blues, le country, le rock… Des noms fusent : Nancy Sinatra, Bill Haley, Chuck Berry, les Beattles, Rolling Stones et Shadows, Jacques Dutronc, Johny Halliday Eddy Mitchell, Carlos santana, et bien d'autres, sans oublier Daniel Filipacchi, en 1955 sur Europe 1, avec "SLC”.
Merci aux Vinyles pour cette chaleureuse évocation, et… "Salut les Copains !”
Et puis les lieux mythiques de Chicago, Saint-Tropez ou Memphis laisseront place à Lorrez-le-Bocage, pour un embrasement final, en bas de colline, dans la prairie face au château de La Motte, de l'immense brasier du feu de la saint-Jean, spectaculaire à souhait. Une vision du brasier reprise avec bonheur dans les reflets des vitres de la grande demeure qui accueilli jadis la comtesse de Ségur et qui appartient aujourd'hui au comte Bernard de la Rochefoucauld.
Au final, une soirée mémorable – la 189e de la programmation Jazzy 77-, où la musique enflamma les esprits et les cœurs.


LES MUSICANTHROPES - 20/09/14

En ce début de rentrée entaché d'un climat (dans tous les sens du terme) maussade et délétère, tout ce qui pouvait détourner les esprits de la morosité et l'inquiétude ne pouvait qu'être salutaire pour affronter des temps à venir incertains.
La belle idée de la Jazzy 77 avait été d'inviter un groupe propre à créer une ambiance festive et qui, de surcroit, collait à merveille avec les Journées du Patrimoine, déterminantes pour se raccrocher à des valeurs porteuses d'apaisement. Donc, ce 20 septembre, la Cave du Jazz accueillait à Lorrez-le-Bocage les Musicanthropes (aucune analogie avec des musiciens échappés de notre Musée de Préhistoire local), une petite formation bien d'aujourd'hui, mais imprégnée du patrimoine du Jazz des origines, celui né au début du siècle précédent à la Nouvelle Orléans et sur les rives du Mississippi. À l'origine du groupe, la rencontre de musiciens habités de l'esprit "New Orleans", des anciens, tannés par la vie et la pratique de la musique jazzy, en pleine maîtrise de leurs instruments et de leurs talents et animés d'une grande envie de partage. Les voir apparaître sur scène était le signe déjà d'un grand respect pour le public, avec leur tenue collégiale sombre, cravates colorées et panamas roses. Ils sont sept avec, au trombone, Michel Simonneau ; au sax soprano et clarinette, Jimmy Domange ; à la clarinette, Gérard Glandier ; au sax baryton, Gérard Fanet (le bellifontain fondateur du groupe, qui a substitué son instrument à la contrebasse habituelle) ; au banjo, Yves Svartenbroekx ; au piano, Bernard Mercier (auteur des arrangements) ; à la batterie, Philippe Merville, fidèle accompagnateur de Clarinet Connection lors de son passage à la Cave en 2004, 2007 et 2011. Des musiciens d'expérience, qui jouèrent avec les plus grands, dans les années cinquante.
La mise en orchestration du pianiste fait merveille et, telle une eau vive qui ruisselle entre ses berges escarpées, la mélodie est chantante et pleine de fluidité, au travers d'échanges instrumentaux qui poursuivent sans rupture les chorus des uns et des autres. L'effet est enchanteur, magnifié – mon regard se tourne vers les organisateurs du spectacle - par les jeux de couleurs de la lumière de fond de scène, qui sied bien à cette musique également colorée, et superbement servie par des musiciens inspirés. Un concert donc de grande qualité, partage d'émotions, qui séduit aussi par la présentation de Michel qui, pour chacun des morceaux, donne des clés pour les replacer dans leur date, avec leur(s) créateur(s) ou interprète principal, dans des anecdotes ou des souvenirs de rencontres souvent vécues.
Au final, une grande soirée du patrimoine, "plongée nostalgique dans l'âme du Jazz des origines" (comme l'exprima le présentateur et vice-président de Jazzy 77, Serge Billon, en clôture du concert), une évocation particulièrement diverse dans les choix musicaux, chaleureuse et surtout vivifiante, qui se termina, non pas dans les rues de Lorrez, mais dans celles d'Antibes, sous le regard toujours bienveillant de Sidney Bechet. Chapeau, les Musicanthropes ! Et merci pour ce grand moment, qui restera comme majeur dans la mémoire de la Cave !


MAYAËLO - 18/10/14

Il y eu au début, pour la très jeune Maya et sa famille, en 1973, la fuite d'un pays brutalement agressé par le coup d'état du 11 septembre, qui fit disparaître le président Salvador Allende et installa la dictature. Après une année-refuge passée en Colombie, ce fut la venue définitive en France, à Poitiers. Avec, dans les valises, des musiques andines, pour ne pas oublier… Et puis, pour la jeune femme musicienne qu'elle devint ensuite, marquée par la musique latino-américaine, ce fut la rencontre d'un musicien amoureux des rythmes africains, Laurent Sureau. De là naquit Mayaëlo, union simplifiée de leurs prénoms, mais qui, dans un dialecte de Gambie signifie "tous unis dans le partage”. Comme ils l'écriront plus tard : "un nom chargé d'une promesse à accomplir…”
Leurs premiers pas dans cette voie se fera lors d'un premier concert, en mars 2007, donné pour permettre à l'association Tierraviva de récolter des fonds et d'acheter des terres pour les indiens Arhuacos de la Sierra Nevada de Santa Marta, en Colombie.
Devant l'accueil enthousiaste du public, le duo se transforma en trio, puis récemment avec une extension en quintet, avec l'offre d'un concert animé de 26 instruments, d'ici et d'ailleurs, d'hier et d'aujourd'hui. Ce que découvrit en live la présidente de Jazzy 77, Thérèse Petitprez, qui, séduite, ne pouvait que programmer Mayaëlo à la Cave du Jazz. Et ce fut bien.
Ils vinrent tôt, ce samedi 18 octobre, pour permettre à l'ingénieur du son, Alexandre Chaigne, de faire la balance dans toute sa complexité, prenant en compte la composition instrumentale liée à chaque morceau. Plusieurs heures furent nécessaires pour trouver l'équilibre parfait, porter la voix sans la dominer, et programmer la console du son aux divers arrangements.
Que de travail pour offrir au public le meilleur, et que celui-ci ne peut imaginer ! Seul sera finalement vécu pour lui la découverte et le voyage, amorcés dans l'obscurité de la salle, sous le souffle rauque d'une conque et les battements de mains et de pieds des musiciens, alors que ceux-ci gagnent la scène, révélée peu à peu par la lumière et rejoignent leurs instruments. Un prologue qui esquisse le tableau d'un autre lieu, bien loin de Lorrez-le-Bocage, qui déjà apporte sa fascination.
Il y a là Maya Sureau, aux charango, cuatro, flûtes de Pan en bambou (sikus, sankas et toyos), flûtes droites en bambou (kéna), chajchas, cabaza, tambour bombo et conque ; Laurent Sureau, le batteur acrobate aux tambour conga, cajón péruvien, balafon et hang (un curieux instrument de percussion aux sonorités particulières, inventé en 2000 par les Suisses Felix Rohner et Sabina Schärer) ; Vincent Devilliers, aux djembe, doums et cruche udù ; Othelo Ravez, aux didgeridoo, guimbarde et percussions diverses ; Guylain Siopathis, à la basse.
Impressionnante introduction où la musique, déjà, envahit l'espace de ses résonances colorées et syncopées, originales, brossées d'effluves africaines ou amérindiennes, d'où surgit la voix claire, limpide et ample de Maya, dont la silhouette blanche tranche et s'impose sur l'environnement instrumental où ont pris place ses compagnons. Il est difficile de définir le paysage évoqué, situé quelque part entre deux mondes, à la fois spatial et terrien, car on est rapidement happé par le souffle musical et ses sonorités particulières, les battements de "chœur" qui accompagnent chaque chant. Des paroles en symbiose avec la musique, issues de chants traditionnels mais aussi et surtout de compositions de Laurent et de Maya. Bienvenue dans l'univers de Mayaëlo, espace mélodique incomparable où se rencontrent et se mêlent caisses à cordes et percussions, flûtes de pan et balafon !
Ici, la voix n'est pas seulement instrument, elle raconte, elle évoque, elle est aussi message.
"Entendez ma voix,
aujourd’hui je chante pour la paix, pour l’harmonie sans frontières
je chante l’unité, …
je chante l’équité, ..."
Et cela fait du bien, d'autant que le talent est là pour porter les paroles, avec des musiciens qui donnent le meilleur de leur sensibilité et de leur maîtrise instrumentale, dans une facture créative qui est bien de notre époque et qui nous touche, simplement.
"Ce qui est en nous se reflète autour de nous", chante Maya.
Mais le spectacle est avant tout un concert, et non pas un prêche. C'est là sa force, une quête d'harmonie qui ne peut qu'irradier notre cœur.
Il y avait parmi les spectateurs une jeune japonaise, et cela m'a rappelé une ancienne pensée du Pays du Soleil Levant :
Cultive les Fleurs de ton esprit
Et le monde en sera parfumé.
Elle s'applique à Mayaëlo.
Ce fut donc un grand moment à la Cave du Jazz. Merci Madame la Présidente, merci Thérèse, pour ce choix !


Pierre Calligaris-Jean-Paul Amouroux quintet - 22/11/14

Au départ, la programmation de Jazzy 77 avait annoncé pour la soirée du 22 novembre 2014 de la Cave du Jazz : Pianos Duel, titre proposé par deux escrimeurs notoires du clavier, qui devaient s'affronter dans une grande rencontre jazzy : Pierre Calligaris et Jean-Paul Amouroux, définis respectivement par notre présentateur, Serge Billon, en ouverture de soirée, d'empereur du stride et de pape du boggie-woogie. Cela pour fixer, s'il en était besoin, le niveau de la rencontre. Mais, comme les mousquetaires, ils vinrent à quatre, accueillant Claude Braud, au saxophone ténor, et Michel Denis, à la batterie. Tous des vieux routiers du jazz, et de très "grosses pointures", comme on dit souvent, avec, en plus de l'expérience, des palmarès éloquents et une notoriété internationale. De quoi impressionner d'ailleurs un cinquième larron, invité en la circonstance par Pierre, le contrebassiste François-Xavier Coffre, un fidèle de la Cave, et qui fut parmi les premiers musiciens à lui donner son image d'excellence. Mais participer au duel pianistique de ces maîtres de l'art, quel challenge !
En vérité, ils furent tous à la hauteur de l'attente. Alors, que dire de cette soirée, sinon qu'elle fut tout simplement exceptionnelle. Ce que le public avait d'ailleurs pressenti, puisqu'il vint nombreux comme jamais (plus de 160 spectateurs à accueillir !). La salle Sainte Anne, archicomble, se révéla trop exigüe pour offrir un espace supplémentaire à la danse, bienvenue dans ce style de musique, bien que quelques candidats s'y soient risqués, oubliant tout blues, aux rythmes vifs et chaleureux de boogie-woogie.
Ce fut donc un concert flamboyant, impossible à décrire dans le jeu virtuose de chacun. Non, ce qui m'a frappé, pour m'être trouvé dans la loge avant le concert, en compagnie de Pierre et Jean-Paul, c'est l'élaboration in situ du programme. Car tout s'est décidé sur l'instant, du choix des morceaux à leur tonalité, ce qui signifie que les musiciens n'avaient pas fait de répétition particulière, que tout allait se jouer sur scène, dans l'improvisation la plus pure, à l'écoute du jeu de chacun et des innovations créatives… Cela avec au final l'évidence d'une symbiose mélodique parfaite, animée d'envolées aux variations subtiles, qui ne laisse rien deviner des quelques questionnements préliminaires. Du grand art, tout simplement, avec des standards et des compositions personnelles, dont l'offre d'un Cave du Jazz blues for Teresa, dédié à la présidente de Jazzy 77, et composé en live
Beaucoup de plaisir, donc, sans compter la découverte d'une autre facette musicale de Pierre, qui troqua à plusieurs reprises son piano pour la trompette (une surprise à l'initiative de l'ami Serge) ; et sans compter la connivence de Pierre et de Jean-Paul, lequel s'autorisa un duo à quatre mains boogie/stride sur le clavier de son comparse. Ce fut original, enlevé, brillant… Et les autres musiciens ne furent pas en reste de leur talent.
Seul "bémol" à la réussite du concert, - et c'est Pierre Calligaris qui le reconnut en public, devant la salle particulièrement acquise et participante, c'est que cette ambiance chaleureuse ne pouvait que contribuer un peu plus au réchauffement de la planète ! Fort heureusement, Lorrez-le-Bocage n'en est qu'un point minuscule, ce qui réduit considérablement tout "remord" potentiel…
Aux approches de minuit, des soli de nos deux pianistes clôtureront le concert, sous des applaudissements enthousiastes.
Au bilan, une soirée festive à souhait, qui restera l'un des grands moments de l'année et … un souvenir marquant pour François-Xavier, qui aura joué avec grand plaisir, et n'aura pas à rougir de sa participation.
Bravo à tous !


Éric Toulis et Les Agités du Bocage - 13/12/14

Quoi de plus judicieux que terminer la saison, en cette fin d'année 2014, le 13 décembre, avec les paroles d'un "mauvais garçon", un peu anar et irrévérencieux, mais plein de tendresse, qui marqua au siècle passé, des années cinquante à septante, la chanson française ! C'est le grand Georges Brassens.
Un rendez-vous orchestré à la Cave du Jazz par les "Agités du Bocage”, groupe local entraîné par Éric Toulis, et précisant : "Tirez pas sur la moustache”, titre qui s'inspire peut-être d'un spectacle de 1952 à Montmartre, aux 3 baudets, intitulé "Ne tirez pas…sur le pianiste !" et auquel participait Brassens, aux côtés de Dary Cowl et Christian Duvaleix… Une évocation de peu d'intérêt, car, pour Brassens :

"Tout le restant m'indiffère,
J'ai rendez-vous avec vous !"

Ainsi commença le rendez-vous musical avec, en guise de diapason pour s'accorder sur le "fa", une bouteille de Chardonnay qu'Éric, soufflant dans le goulot, vida par gorgées jusqu'à obtenir la note désirée, base musicale des treize compères qui envahirent peu à peu la scène de la salle Sainte-Anne, déjà bien encombrée par de nombreuses guitares et l'appareillage électronique…
De citer, aux chants et guitares : Éric Toulis, Michel Ballereau, Ariel Benito, José Castilla, Dom Kiris, Gilles Montel, Francis Potin ; à la contrebasse, Jocelyn Saviard ; aux chants, Chomb, Sylvie Dumas, Laurette et Jean-Marie Lévis, sans oublier la présentatrice, Sandrine Manteau, bien connue sous le pseudo de "Madame Sacha".
De quoi réchauffer les cœurs et les esprits d'une salle attentive et comble.
Et de retrouver "L'Ancêtre”, alors en fin de vie à l'hospice, et dont les carabins obligèrent ses voisins venus l'assister de laisser leurs guitares à la porte cochère ;  "Tonton Nestor" qui, le jour du mariage de Jeannette, devant le Maire, osât porter la main sur sa rotondité, lui faisant dire "merde" au lieu du "oui" attendu ; "Oncle Archibald" qui, en courant sus à un voleur, croisa la Mort qui le faucha d'un seul coup, d'un seul… Et puis, "Celui qui a mal tourné", pour avoir estourbi d'un coup de bûche excessif un noctambule en or massif, et s'est retrouvé à la Santé pour se refaire une honnêteté… et qui, libéré bien des années plus tard, s'attendait à voir les humains de détourner de son chemin :

Y'en a un qui m'a dit : "Salut !
Te revoir, on n'y comptait plus…"
Y'en a un qui m'a demandé
Des nouvelles de ma santé.
Lors, j'ai vu qu'il restait encore
Du monde et du beau mond' sur terre,
Et j'ai pleuré, le cul par terre,
Toutes les larmes de mon corps.

Voilà pour commencer ! Brassens, c'est tout un univers de dérision et de compassion, et il fallait bien tous ces "agités", avec leurs tempéraments différents, pour tenter de le dépeindre dans toute sa diversité, cela au travers de seulement 25 titres souvent égrillards, et auxquels il manquait peut-être une "Chanson pour l'Auvergnat", ou un "Auprès de mon arbre”. Mais l'éventail des titres est si grand qu'il faut bien faire des choix ! Et la sélection est séduisante, effeuillant au passage des poèmes d'Alfred de Musset ou Paul Fort, sans oublier la parodie du saltimbanque Éric Toulis, qui n'hésite pas à troquer un certain "gorille" contre des "morilles", dans un morceau intitulé : "Gare aux morilles”.
Côté musique, l'interprétation est riche, diverse, caractéristique de petits groupes qui se forment à l'occasion d'un titre, sans oublier l'intervention facétieuse d'un tuba type soubassophone pour accompagner le chant en solo d'un guitariste (Éric Toulis / Francis Potin), en fin du premier set, ou, au cours du second, prenant un accent manouche avec "La mauvaise réputation”, ou jazzy avec "Les copains d'abord", - un bis surprenant, car imposé par Toulis, qui devança le rappel imminent du public, ajoutant de surcroît au jeu des cordes un beau mouvement de trompette. De quoi raccrocher l'hommage à Brassens à la finalité de la Cave : le Jazz.
Une prestation qui aura fortement enchanté le public, à n'en pas douter, car, invité par "Madame Sacha", il reprit seul le bis à capella. Pour conclure sur cette soirée festive laissons à celui qui repose au cimetière de Sète, ces quelques paroles :

"C'étaient pas des anges non plus,
L'Évangile, ils l'avaient pas lu,
Mais ils s'aimaient tout's voil's dehors,
Toutes voil's dehors,
Jean, Pierre, Paul et compagnie,
C'était leur seule litanie,
Leur Credo leur Confiteor,
Aux copains d'abord."

Un final de camaraderie où les bénévoles de Jazzy 77 peuvent se retrouver, là dans l'organisation interne de la Cave du Jazz, là dans les plaisirs renouvelés de la rencontre avec les musiciens et, bien sûr, de ses publics.